Mais qui a peur d’Herminator ?

Rien de plus mignon qu’une hermine, n’est-ce pas ? Mais n’allez pas dire ça aux campagnols terrestres, car ils ne seront pas de votre avis.

Une jolie robe blanche ou brune selon la saison, une petite queue terminée par un capuchon noir, une tête et des oreilles rondes avec un air sympa, des attitudes de « chien qui fait le beau » quand elle se dresse sur ses deux pattes arrières pour s’orienter : rien de plus mignon qu’une hermine, n’est-ce pas ? Mais n’allez pas dire ça aux campagnols terrestres, car ils ne seront pas de votre avis.

Pour eux, l’hermine c’est Herminator ! Une bête hyperactive, nerveuse, qui n’hésite pas à s’attaquer à des campagnols plus épais qu’elle. L’hermine n’est de loin pas le seul prédateur qui conçoit ce rongeur comme faisant office de garde-manger principal. On compte aussi le renard, la buse, le faucon crécerelle ou le hibou moyen-duc, pour ne citer qu’eux. Mais c’est le seul qui va chercher sa proie là où elle se croit en sécurité : dans son trou ! Imaginez le cauchemar du campagnol attaqué sur son propre terrain, dans sa galerie, poursuivi dans son tunnel par une hermine affamée...

L’hermine mange beaucoup de campagnols terrestres (1-2 par jour) et est donc un très bon auxiliaire pour l’agriculture. Elle apporte son aide à la régulation des populations de ce rongeur (cf. des alliés musclés à soigner).

L’hermine est peu abondante, mais présente un peu partout dans notre région. On ne la voit pourtant pas très souvent. C’est simple à comprendre : elle n’échappe pas à la dure loi de la chaîne alimentaire et compte de redoutables prédateurs, comme par exemple la buse variable. Pour ne pas être attrapée par ce rapace, l’hermine se déplace le moins possible à découvert : elle préfère rester cachée dans les haies, les buissons, les lisières ou des tas de branches où elle ne pourra pas facilement être découverte. D'où l'importance de maintenir des bordures de hautes herbes et des petites structures dans ces milieux proches des grandes surfaces herbagères prisées des campagnols. Un projet du Parc du Doubs va d'ailleurs recenser les densités d'hermines dans ce genre de milieux, et vise à définir quelle densité de structures attractives est nécessaire à l'hermine pour maintenir une population suffisante pour avoir un effet durable sur les campagnols.

L’hermine apprécie aussi particulièrement les murs en pierres sèches qui lui servent de lieux pour se reproduire et surtout de « routes » pour ses déplacements. Le mur en pierre sèche, une fois de plus, fait le lien entre culture et nature. Les lieux où vous aurez le plus de chance de rencontrer ce petit mustélidé se situent dans les Franches-Montagnes et dans les régions dotées d’une bonne densité de murs en pierres sèches ainsi que sur les sommets pierreux de la région (Chasseral, Mont d’Amin, etc.).

Plus rare chez nous que l’hermine, la belette est plus petite. Les personnes qui ont eu la chance de la voir passer devant eux ont vraiment l’impression de voir passer un modèle réduit d’hermine. La belette apprécie particulièrement les fossés et les bords de ruisseaux où pousse une végétation haute et foisonnante - la mégaphorbiaie (cf. carte mégaphorbiaies humides) - dans laquelle elle trouve de quoi se nourrir. Elle parcourt aussi les prairies et leurs bordures à la recherche du campagnol des champs, sa proie favorite.

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