L'hirondelle, emblème de la biodiversité

Choisie comme emblème régional de la biodiversité par les Parcs Doubs et Chasseral, l’hirondelle de fenêtre est commune et pourtant en difficulté. Elle a fait l’objet d’un important recensement entre 2012 et 2014, révélateur de nombreuses informations.

Si commune et pourtant en difficulté : l’hirondelle de fenêtre est connue de tous car elle a toujours vécu à proximité immédiate de l’homme. En plus de revenir d’Afrique en nous apportant le printemps dans ses ailes, elle est appréciée pour accompagner tout l’été durant le ciel de nos localités de ses cris perçants et de son vol gracieux. Choisie comme emblème régional de la biodiversité par les Parcs Doubs et Chasseral, l’hirondelle de fenêtre a fait l’objet d’un important recensement entre 2012 et 2014, révélateur de nombreuses informations.

Croupion blanc pur, dessus du corps, de la tête à la queue, bleu-noir, l’hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) ne doit pas être confondue avec ses cousines présentes dans notre pays, les hirondelles de cheminée, de rivage, de rocher ou rustique. Une queue sans filet et peu échancrée et un ventre et une gorge d’un blanc nacré permettent de la distinguer facilement. Sa présence dans les localités est un autre facteur de distinction.

Autrefois habituée à nicher dans les falaises, elle est aujourd’hui très présente dans les localités, où elle niche volontiers en colonie. Elle fabrique ses nids avec la boue qu’elle récupère au bord des étangs, des rivières ou sur les chemins de terre. La disparition de ces derniers au profit de routes goudronnées a prétérité profondément cet oiseau.

Le nid est maçonné par les deux parents et parfois fabriqués à plusieurs : cela limite la dépense d’énergie des individus et c’est tout l’attrait de la colonie. La salive, mélangée à la terre, cimente le tout. On peut facilement observer ces ouvrages sous les avant-toits des fermes ou des grandes maisons, la plupart du temps anciennes puisque les maisons modernes ont de moins en moins d’avants-toits. Elles ont besoin de cet abri pour se protéger de la pluie, qui mettrait immédiatement en péril la durée de vie des nids.

La ponte a lieu début mai. Entre 3 et 5 œufs sont pondus par la femelle et couvés par les deux parents durant une quinzaine de jours. Les jeunes restent au nid trois semaines. Les parents accompagnent leur progéniture jusqu’à émancipation complète. Si les jeunes se trompent de nid au retour de leur chasse, ils sont rejetés sans ménagement jusqu’à ce qu’ils trouvent la bonne entrée !

L’hirondelle de fenêtre a récemment été l’objet d’un important monitoring. La Station ornithologique suisse a effectué un recensement national entre 2012 et 2014. Dans notre région, écoles et populations y ont participé. Hélas, les résultats sont inquiétants : au niveau suisse, un tiers des populations recensées dans les années 1990 ont disparu depuis.

Les résultats dans notre région de cette vaste étude sont intéressants : seuls quelque 230 bâtiments des 37 communes des deux parcs régionaux sont occupés par l’hirondelle de fenêtre. Un chiffre bien sûr sous-évalué, car certaines localités et de nombreuses fermes isolées n’ont pas été prospectées. Les recensements indiquent par ailleurs que l’hirondelle de fenêtre est présente autant dans les secteurs de fermes ou hameaux que dans les villages (18 zones de fermes ou hameaux et 22 villages).

Les recensements indiquent clairement que les populations d’hirondelles sont très soutenues dans notre région par l’installation de nichoirs artificiels, puisque presque la moitié des nids comptés (44%) sont des nids artificiels !

La commune qui compte le plus de nids à disposition pour les hirondelles est celle de Val-de-Ruz. Cela s’explique d’une part par la taille importante de cette commune et les nombreux villages et hameaux qu’elle intègre et d’autre part par les nombreuses classes qui ont participé aux recensements des hirondelles dans le cadre des projets de la Station ornithologique suisse et du Parc régional Chasseral.

Pour la petite histoire, on relèvera que certains bâtiments sont très fournis en nichoirs, par exemple 96 à la gare de Sonceboz, 104 nichoirs sur un bâtiment aux Genevez. Le maximum est de 130, à Orvin.

Dans certains villages, les colonies sont très concentrées : il y a par exemple 125 nids sur seulement 3 bâtiments à La Neuveville. Cette situation peut représenter un risque pour l’hirondelle de fenêtre ; en effet, une rénovation ou un changement de propriétaire peut mettre en danger la présence de l’espèce. Dans les villages comme Cormoret ou Corgémont, les colonies sont plus petites mais très dispersées, ce qui constitue une situation plus favorable à long terme pour les hirondelles selon les études réalisées à ce jour.

Télécharger ici la Synthèse des activités régionales réalisées jusqu'ici.

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