Du vieux bois pour les Tengmalm !

Les chouettes de Tengmalm, comme d'autres espèces, souffrent d'une gestion trop "propre en ordre" de nos forêts. Il lui faut des hêtres de plus de 150 ans pour faire leur nid !

Les rapaces nocturnes fascinent depuis longtemps les êtres humains. Les relations que nous entretenons avec eux sont connues de longue date, et n’ont pas toujours été en faveur des oiseaux. Symboles de sagesse durant l’antiquité, les chouettes (comme cette Tengmalm, photo @Anatole Gerber) ont en effet par la suite été mêlées à des pratiques diaboliques et persécutées du Haut moyen-âge jusqu’il y a peu.

Aujourd’hui les hiboux sont « trop chous » et les chouettes sont les messagers attitrés d’Harry Potter et de ses collègues apprentis sorciers. Qui donc se permettrait  de clouer une chouette contre sa porte ?

De nos jours, la survie des chouettes et hiboux dépend toujours de nous autres, humains. Mais elle passe impérativement par une prise en compte de leurs exigences dans la gestion des habitats. En forêt, par exemple, où se cachent plusieurs espèces de chouettes et de hiboux, un excès de « propre en ordre » leur est rapidement fatal.

Le projet d’infrastructure écologique des Parcs du Doubs et Chasseral entend mettre en avant le nombre élevé d’animaux, de plantes et de champignons qui ont besoin de vieux bois ou de bois mort.

Une problématique qui touche directement les rapaces nocturnes, notamment la chouette de Tengmalm. Dans une forêt trop propre, cette petite chouette de montagne très discrète souffrira de pénurie du logement. Cavernicole, la Tengmalm pond ses œufs presque toujours dans les trous creusés par le pic noir. Et il faut des hêtres de plus de 150 ans pour que des cavités puissent être creusées par ces pics au bec puissant.


Ces hêtres maltraités par le pic, donc de moindre valeur économique, doivent par la suite être tolérés par le forestier. Dans ces conditions, une cavité favorable peut être utilisée par plusieurs générations de Tengmalm (photo: Christian Fosserat) au fil des décennies, ainsi que par toute une série d’autres habitants de ces auberges forestières mises à disposition par le grand pic noir. De son côté, le pic bâtisseur creuse quasiment chaque année une nouvelle cavité, laissant celles des années précédentes à d’autres habitants des bois.

Chaque espèce de chouette ou de hibou a ses particularités, toutes passionnantes.Vous pourrez les découvrir, en compagnie de spécialistes passionnés et passionnants, à l’occasion des trois Nuits de la chouette organisées le 11 mars 2017 à La Chaux-de-Fonds, à Nods et aux Cerlatez.

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by moxi