Prairies humides à hautes plantes

Les mégaphorbiaies marécageuses, composées de grandes plantes de 1,5 à 2 mètres, sont des restaurants à insectes durant les mois de juin-septembre. Une véritable jungle végétale...
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Les mégaphorbiaies marécageuses (de mega = grand et phorbe = haute herbe) poussent sur un sol souvent très humide et fertile. Elles sont composées de grandes plantes qui atteignent une hauteur de 1,5 à 2 mètres : une véritable jungle végétale durant les mois de juin-septembre ! Les plantes de ce milieu sont par exemple la Belle des prés (Filipendula ulmaria), l’Angélique des bois (Angelica sylvestris), le Cirse maraîcher (Cirsium oleraceum).

Ces plantes sont nectarifères : c’est pourquoi les mégaphorbiaies marécageuses attirent une foule d’insectes butineurs. C’est un spectacle enchanteur que de regarder le foisonnement de vie les jours ensoleillés dans ce milieu naturel : mouches, guêpes, coléoptères, bourdons se disputent ces assiettes de fleurs mises à leur disposition. Ce milieu est d’autant plus important que les plantes y fleurissent du début d’été à l’automne – lorsque tous les prés sont déjà fauchés et que les abeilles affrontent une période pauvre en nectar.

La carte montre que les mégaphorbiaies marécageuses sont bien réparties dans toute la zone prise en compte. Les plus importantes se situent aux alentours des tourbières. Au bord du Doubs - en particulier vers Biaufond et vers les Brenets -, et aussi dans le secteur du Seyon. Dans le Doubs, on peut imaginer que les lacunes ne sont pas réelles mais correspondent à un manque de données.

Aucun réservoir d’importance ne ressort dans le Vallon de la Suze et le Plateau de Diesse. Entre Renan et Péry, l’absence de réservoirs identifiés pour ce milieu est étonnante : il s’agit sans doute en partie d’un déficit de données, mais l’absence de taches jaunes tout le long de la Suze démontre que ce milieu est trop rare dans le fond du Vallon de Saint-Imier. Un constat identique peut être donné pour le Plateau de Diesse.

La situation des mégaphorbiaies marécageuses devrait peu à peu s’améliorer ces prochaines années au fil des revitalisations projetées des cours d’eau, comme par exemple celle prévue entre Sonceboz et Sombeval. Ces revitalisations vont laisser plus d’espace de part et d’autre du lit de la rivière, et cet espace devrait être de manière naturelle occupé par les Belles des prés et par toutes les autres plantes caractéristiques de la mégaphorbiaie.

Autre bonne nouvelle pour l’avenir de ce milieu : l’espace réservé aux eaux sera défini d’ici à fin 2018 par les cantons. Dans cet espace, l’agriculture devra procéder à une exploitation extensive des herbages pouvant être favorable à l’extension des mégaphorbiaies marécageuses. Elles serviront alors de filtre ou de zone tampon entre les zones cultivées et les rivières. Elles jouent en effet un grand rôle pour la qualité de l’eau.

Dans la zone bâtie, sur les berges et les talus ferroviaires et routiers, l’enjeu consistera à mettre en place une bonne gestion des mégaphorbiaies qui s’y développent. Un grand potentiel existe pour elles rien qu’en adaptant la gestion des talus.

Au bord des cours d’eau, le développement des grandes plantes liés aux mégaphorbiaies humides – et notamment la Reine des prés – est potentiellement très important. Souvent, ces plantes ne peuvent pousser que dans la partie raide de la berge de la rivière. Dès lors, pourquoi ne pas leur laisser aussi quelques mètres sur le replat et bénéficier ainsi de toute une faune d’auxiliaires importants pour l’agriculture ?

Les naturalistes seront aux premières loges : l’abondance de nourriture attire évidemment les prédateurs, comme par exemple la rousserolle verderolle, les musaraignes, et de nombreuses araignées tisseuses de toile, comme l’Epeire diadème.

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