Forêts riches en bois mort

Garants de l'écologie des forêts, les insectes xylophages et les champignons saproxyliques décomposent le bois mort en terreau fertile pour les jeunes arbres. Peu connus, ils ne font l'objet que très rarement d'études sur le terrain.
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Hors de notre champ de vision vivent des espèces aux noms barbares : les champignons saproxyliques et les insectes xylophages. Travailleurs infatigables, ces petits animaux et champignons sont à la base de la chaîne de décomposition qui transforme le bois mort en matière réutilisable par les végétaux. Ils sont à la fois la mort et la vie en forêt, garants de ce cycle infini de successions entre jeunes et vieux arbres.

Insectes xylophages et champignons saproxyliques sont le moteur de la biodiversité en forêt. Sans eux, pas de pics tambourineurs, pas de chauves-souris, pas de chouettes de Tengmalm. Petit tour dans ce monde discret et pourtant essentiel à l’écologie de nos forêts.

Les animaux liés au bois mort et au vieux bois sont presque aussi peu connus que ceux des sols. Notre région ne fait pas exception : la carte ci-dessus le prouve facilement. Seuls quelques secteurs particuliers ayant fait l’objet de recherches spécifiques - ou très attractifs pour les spécialistes des champignons comme les tourbières ou les galets vosgiens dans la région de Boécourt) - sont représentés comme « réservoirs » de ces espèces.

En analysant plus dans le détail les données des quelques 400 espèces ayant été utilisées pour marquer ce milieu naturel de vieux bois et de bois mort, on remarque souvent que les observations sont rares et que les espèces concernées n’ont été vues qu’une seule fois.

Si à l’heure actuelle, il n’est pas possible par manque de connaissances, de dessiner une « infrastructure bois mort et vieux bois » dans les différents types de forêts de nos régions, on peut déjà entreprendre des mesures. En effet, les spécialistes savent qu’il faut globalement avoir une grande diversité de types de bois (diamètre, degré de dégradation, exposition, essences, etc.) et aussi de la continuité dans le milieu forestier pour favoriser toute la biodiversité liée au bois mort.

Le manque relatif de connaissances sur ce milieu naturel n’est donc pas un frein. De nombreuses mesures ont déjà été prises pour maintenir ou favoriser le bois mort en forêt. Des réserves forestières à intervention particulières sur les crêtes de Chasseral ont par exemple été mises en place et permettent à la dynamique forestière naturelle de reprendre ses droits. Il est aussi possible de laisser des îlots de vieux bois. De nombreux propriétaires et gestionnaires de forêts s’appliquent donc déjà à la conservation et à la re-création d’une « trame bois-mort » dans nos forêts. Et chacun peut le faire également chez soi.

Grâce à ces actions, qui devront se poursuivre et se renforcer, le bois mort peut revivre.

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by moxi