Un palace pour les insectes du bois

Du vieux bois au fond de la cour ou du jardin ? Surtout, ne l'éliminez pas au prochain passage du camion-benne. Un tas de bois représente un cinq étoiles pour toutes les espèces saproxyliques.

C’est simple, ça ne coûte rien, c’est parfois esthétique et surtout cela grouille de vie : entretenez un bon vieux tas de bois au fond du jardin pour créer sans effort de la biodiversité. Cinq arguments en un jeu de questions-réponses.

Pourquoi les tas de bois sont-ils importants ?

Ils accueillent une faune abondante et permettent d’augmenter le volume de vie présent dans un jardin, les espaces verts ou les lisières, entre autres. Globalement, la biodiversité souffre d’un manque important de vieux bois, une partie importante des êtres vivants qui lui sont liés ont déjà disparu ou figurent sur les listes rouges. Ceux encore présents chez nous peuvent être aidés si on leur laisse un peu d’espace.


Quelles espèces trouve-t-on dans un tas de bois ?

Un tas de bois, c’est de la nourriture surtout. Il accueillera donc de nombreux insectes et champignons saproxyliques, des espèces spécialisées qui se nourrissent du bois et le décomposent. Le tas de bois servira aussi d’abris à de nombreux mammifères (hermines, hérissons, musaraignes), à des molusques (escargots), à des amphibiens (tritons, salamandre tachetée), à des larves de papillons ou encore à des oiseaux (bruant jaune, rouge-gorge, troglodytes, etc.). Pour la plupart de ces espèces, le tas de bois est à la fois un abri et une source de nourriture. Loger dans son frigo : le rêve !

Comment aménager mon tas de bois ?

Tous les types de tas de bois sont importants pour la biodiversité. Plus le tas est grand et formé de gros bouts de bois, plus il sera intéressant pour la faune. Mais un tas de branches de pommiers coupées est aussi intéressant ! Que le tas soit à l’ombre d’une haie ou en plein soleil, il n’attirera pas la même faune. Tous les choix sont bons, et les indécis peuvent faire plusieurs tas.

Les plus consciencieux veilleront à faire un tas avec des bouts de troncs ou de grosses branches (diamètre 8-20 cm environ) longs d’un mètre et haut de 50 cm et plus (le dessus du tas est ainsi éloigné de l'humidité du sol). Ils conserveront ce tas sur le long terme en le « rechargeant » tous les 2-3 ans afin de conserver une bonne hauteur et un mélange de différents stades de décomposition du bois.  Dans les lisières et la zone agricole il va de soi que les tas peuvent être bien plus gros. Plus le tas est grand et avec des bois de grand diamètre, plus il accueillera de différentes espèces d’animaux.

Qui peut faire un tas de bois ?

Tout le monde peut faire un tas de bois du moment qu’il possède quelques m2 de terrain autour de chez lui. Les forestiers, les agriculteurs et acteurs des services cantonaux réalisent aussi de plus en plus de tas de bois en faveur de la biodiversité, en respectant des consignes claires.

Pour les jardiniers amateurs, il est intéressant de cultiver un sol après la décomposition de gros tronçons de bois. La terre est alors très aéréé par toute la vie qui a décomposé le bois et formé un humus riche. Sortez les grelinettes mais pas la bêche, ce n’est pas le moment de faire l’erreur de retourner ce bon sol.

La politique des petits tas...

Laisser du bois mort dans un coin fait partie de ces petits gestes qui peuvent mener à reconstituer des éléments de l’infrastructure écologique. Ce n’est pas difficile, ni coûteux, c’est juste une question de réinventer les pratiques. La biodiversité n’aime pas le propre en ordre, elle n’aime pas les pratiques uniformes. Qui a dit qu’elle était anarchique ?

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