Le saule en mode biodiversité

En "libre-service" dans la nature, les saules se replantent facilement et gratuitement : on peut en rapporter quelques branches pour les installer dans son jardin. Insectes butineurs, xylophages, papillons et tous leurs prédateurs seront ravis !

Les saules sont garants d’une grande biodiversité dans les jardins. Contrairement à d’autres arbres, ils sont faciles à planter et à entretenir car peu délicats. Autre avantage, ils sont en libre-service dans la nature : on peut en rapporter quelques branches pour les planter dans son jardin. Insectes butineurs, xylophages, papillons et tous leurs prédateurs seront ravis !

Les fleurs de saules, mâles ou femelles, offrent une ressource en nectar très importante pour les abeilles domestiques et sauvages au printemps. Elles sont aussi visitées par de nombreux autres insectes : papillons, syrphes, bourdons, mouches et autres fourmis. Elles sont d’autant plus nécessaires à toutes ces espèces butineuses qu’elles sont les premières fleurs disponibles à la sortie de l’hiver, parfois en février déjà. Les bourgeons des saules, eux, contiennent substance résineuse souvent récoltée par les abeilles qui la transforme en propolis (le mortier isolant et désinfectant que les abeilles utilisent dans leur ruche). Les anciens ne s’y sont pas trompés : le célèbre agronome romain Columelle recommandait déjà la plantation de saules près des ruches.

Les saules figurent dans le groupe d’arbres dit des « bois tendres », comme le tremble. Peu valorisables comme bois de feu ou bois d’ouvrage par les forestiers, les bois tendres poussant en forêt sont souvent tronçonnés. Les saules ne sont pas si fréquents dans nos régions, et les espèces animales qui vivent de leurs feuilles ou dans leurs troncs sont souvent des espèces rares, comme par exemple le grand mars changeant, un grand et beau papillon aux ailes irisées.

Les grands saules ou les saules têtards bien taillés, avec un tronc large, sont très riches en biodiversité. Les feuilles nourrissent notamment de nombreuses espèces de papillons et on trouve dans leurs troncs toute une série d’insectes xylophages, sans parler des lichens et champignons qui poussent avec facilité sur ce bois tendre. Ce microcosme attire pics et mésanges, qui apprécient très fortement les secteurs riches en saules.

Planter un saule est facile et ne nécessite aucun investissement. Le saule est au jardin ce que le logiciel libre est à l’informatique : c’est gratos ! Une recherche sur internet suffit à trouver les bons sites qui expliquent comment choisir, planter et entretenir son saule-biotope. Avec un peu d’imagination, vous pourrez recycler les branches de vos saules pour créer un tas en faveur des hérissons, décorations diverses et autres tuteurs pour le jardin.

Voilà quelques astuces pour une transplantation réussie:

1. Bien sélectionner le donneur
Le plus simple est de repérer un saule déjà taillé en forme de têtard pendant une promenade, car un pareil saule pourra être taillé en têtard, le plus pratique dans des alentours de maison. Comme il y en a peu dans nos régions, on peut se rendre au bord d’une rivière (Doubs, Suze, Seyon) et prélever une branche de saule blanc ou de saule des vanniers, sous réserve d'une autorisation du propriétaire. Le saule blanc est facilement reconnaissable car c’est de loin l’espèce la plus grande chez nous, ses feuilles longues et fines sont d’un beau blanc-argenté (photos 2 et 3). Le saule des vanniers a des feuilles vertes luisantes et des tiges souvent orangées (photo 1): il poussera mieux en altitude que le saule blanc. 

2. Favoriser un enracinement profond
En hiver et jusqu’au mois de mars, prélever 2-3 branches au saule repéré, si possible d’une longueur de 2 mètres ou plus. Les enfoncer le plus profondément possible pour un bon enracinement à l’endroit souhaité. Arroser abondamment (à répéter si le temps est sec) les premiers temps. Le mieux est de planter plusieurs branches afin de choisir celle qui repartira le mieux. Les saules reforment rapidement de nouvelles racines à partir de n’importe quel bout de branche. Il faut parfois s’y prendre à plusieurs fois et essayer différents endroits pour que le saule reprenne.

3. Pratiquer des coupes nettes
Une fois que le saule transplanté a bien grandi, on peut aiguiser son sécateur et jouer les coiffeurs. Veillez à effectuer des coupes nettes avec un bon outil afin de maintenir votre arbre en bonne santé. Plus le saule sera trapu, avec un large tronc, plus il sera intéressant pour la biodiversité. Et n’enlevez pas un vieux saule : il peut mourir sur place et servir longtemps encore à de nombreux animaux.

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by moxi