Le lierre, mine à pépites

Cette plante grimpante est tellement courante qu’on ne la voit même plus. Quel dommage. Le lierre est un vrai trésor végétal et de biodiversité, qu’il faut savoir observer pour découvrir toutes les pépites qui s’y cachent.
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Le lierre ne fait rien comme les autres. Cette liane – l’une des très rares qui poussent dans nos régions - est le seul représentant en Europe de cette grande famille tropicale qui comprend notamment le ginseng. En plus, elle fait tout à l’envers : ses fleurs viennent en automne et ses fruits en fin d’hiver…

Etre différent, ça a du bon. En automne, elle est l’une des seules plantes en fleur, produisant de surcroît un important nectar. Abeilles, bourdons, guêpes et mouches profitent abondamment de cette dernière source de nourriture avant l’hiver. Les graines, elles, sont mûres dès l’hiver jusqu’en avril. Elles constituent alors une source conséquente de nourriture pour de nombreux oiseaux. Un massif de lierre vaut bien des mangeoires et demande moins de travail. Alors pourquoi ne pas en planter devant sa maison ?

Un grand lierre assure le gîte et le couvert pour une multitude d’animaux. Parmi eux, les merles et moineaux, qui coloniseront volontiers les nombreuses cachettes de cette plante. Il accueillera aussi des hôtes plus discrets : papillons de nuits (les chenilles de plusieurs espèces ne se nourrissent que de lierre), chouette hulotte ou hibou moyen-duc, chauves-souris, etc.

Le lierre est un génial compagnon de nos villes et villages, voilà pourquoi :

-          C’est une des rares plantes qui peut s’adapter à la verticalité de nos constructions. On peut le laisser grimper sur une façade de maison, sur des parois de routes, sur les candélabres, sur les arbres ornementaux et fruitiers ou dans les haies de thuyas (il adore ça !).

-          De son passé tropical, le lierre a conservé un feuillage persistant : idéal en toute saison pour absorber les pollutions liées aux activités humaines. Les feuilles de lierre auraient un important rôle à jouer dans la dépollution de l’air en absorbant efficacement le benzène.

-          Bien que toujours vert, le lierre n’en perd pas moins régulièrement ses anciennes feuilles qui vivent 3-4 ans, qui s’amassent à ses pieds et se décomposent en un excellent compost pour le jardinier amateur. Un produit 100% garanti sans tourbe.

Au vu de ce qui précède, on se demande pourquoi le lierre n’est pas plus planté, d’autant plus qu’il supporte très bien la chaleur et s’adaptera sans peine à des étés plus chauds et secs.

Pour créer un massif de lierre intéressant pour la biodiversité et profiter des bienfaits de cette liane sans effets secondaires négatifs, quelques règles doivent être observées :

-          Un jeune lierre ne fait ses premières fleurs qu’après 8-10 ans. Il ne fleurit que si ses rameaux sont bien exposés au soleil. Laisser du lierre au sol permet de couvrir le sol, mais l’apport pour la biodiversité est ici quasiment nul.

-          Par contre, on peut laisser le lierre grimper contre une paroi de maison si l’enduit est sain. Il est toutefois important de le tailler et de ne pas laisser le lierre atteindre le toit car il risquerait d’y faire des dégâts aux tuiles et aux gouttières.

-          Idéalement, si on a un mur d’enceinte ou une structure métallique autour de son domicile, on peut y laisser le lierre se développer : cela deviendra un milieu naturel de haute valeur. Les plus bricoleurs et créatifs peuvent se lancer dans la construction d’une structure pour lierre à base de restes de fers à bétons ou de vieilles roues de vélos !

-          Le lierre est aussi bienvenu sur les arbres fruitiers. Quand les arbres vieillissent ou meurent, le mieux c’est de couper les branches et de laisser le tronc et la couronne des branches principales. D’une pierre deux coups pour la biodiversité de votre jardin : si le lierre a eu le temps de devenir épais, le massif survivra à la mort de l’arbre. Mais en plus vous conserverez du vieux bois, lui aussi important pour de nombreux insectes et champignons saproxyliques.

Le lierre est aussi respecté par les forestiers : contrairement aux idées reçues, il ne fait que s’accrocher à son support et ne le parasite pas, contrairement au gui. A un certain stade de croissance de l’arbre, le lierre est favorable à son support (il lui fournit le bon compost de ses feuilles qui tombent). Ce n’est que quand l’arbre vieillit et commence à produire moins de feuilles que le lierre « prend le dessus », couvant ainsi d’un linceul vert l’arbre vieillissant.

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by moxi