Synthèse et perspectives après deux ans de travaux

Après deux ans d'activité, le projet-pilote «Infrastructures écologiques» est à son terme. Les analyses de terrain ont abouti à un vaste cahier de mesures applicables dès à présent. Objectif : assurer la pérennité des milieux naturels et des espèces.

La quantité, la qualité et la mise en réseau de différents types de milieux naturels de la région (forêts, marais, etc.) ont été évaluées. Elles permettent d'aboutir à plusieurs conclusions et axes de travail.

1. Préserver et régénérer les milieux proches de l’état naturel

Les actions en faveur de l’IE les plus importantes et les plus efficaces consistent à éviter que des milieux naturels ou proches de l’état naturel se dégradent ou soient modifiés. Les milieux proches de l’état naturel comme, par exemple, les falaises devraient continuer à être soigneusement préservées. De même, les mesures permettant à des milieux naturels qui ont été détruits de se régénérer tout seuls, comme les sources, sont prioritaires.

2. Mieux gérer les réservoirs de biodiversité existants

Les surfaces protégées et les outils pour leur protection existent déjà souvent: près de 12% du territoire des deux parcs naturels régionaux est constitué de surfaces principalement destinées à la conservation de la biodiversité. Pour atteindre certains objectifs définis par la Confédération, une augmentation d’environ 5% de ces surfaces est toutefois nécessaire. Ces nouvelles surfaces protégées pourraient être atteintes grâce à la création de nouvelles réserves forestières.

Le statut de protection actuel ne suffit malheureusement pas à assurer le maintien de la biodiversité dans ces réservoirs (tourbières, sites de reproduction des batraciens, zones alluviales, etc.). Les travaux de régénération et d’optimisation de la gestion dans les zones tampons sont en cours. Ils sont à poursuivre et à renforcer pour que ces milieux retrouvent rapidement une dynamique aussi proche que possible de l’état naturel.

3. Changer les habitudes des acteurs sur le terrain et densifier les petites structures

Sur l’ensemble du territoire - y compris dans les zones urbaines - la biodiversité ne nécessite pas de grandes surfaces supplémentaires. Elle pourra être maintenue et même renforcée en mettant davantage en valeur le savoir-faire adapté des nombreux acteurs (forestiers, employés communaux, agriculteurs, etc.). L'entretien des talus peut par exemple permettre à certaines espèces d’orchidées de prospérer; la plantation d’essences indigènes profite aux hirondelles, etc. Il est par ailleurs nécessaire d’améliorer la qualité et la densité des petites structures comme les mares, les haies, les buissons épineux, les arbres ou encore les murs de pierres sèches, qui font tous partie de notre patrimoine naturel et paysager.

La carte ci-dessous fait la synthèse de tous les objectifs définis dans le projet-pilote pour atteindre les buts fixés. Au niveau de l’infrastructure écologique régionale, les grands enjeux se situent sur les trois axes suivants :

– « Vallée du Doubs »
– « Secteurs sommitaux de la Vue des Alpes au Montoz en passant par Chasseral »
– « axe nord-sud entre Orvin-Corgémont – Les Genevez-St-Brais – Clos du Doubs ».

Si ces trois axes sont primordiaux pour la biodiversité, les zones bleues de cette carte n'en sont pas moins importantes. Il est au contraire fondamental de maintenir, et très souvent (re)créer de la biodiversité à tous les endroits possibles. De nombreuses mesures en ce sens figurent bien évidemment dans les plans d’actions.

Mise en œuvre des résultats

Afin de mettre en œuvre les mesures générées par ces deux ans d'analyse, les deux Parcs naturels régionaux vont poursuivre leus intenses collaborations avec leurs partenaires, notamment avec leurs communes-membres. L'objectif est d'intégrer les tâches nécessaires au maintien de biodiversité dans le travail quotidien de chacun.

Pour conserver et recréer l’IE dans les deux parcs naturels régionaux, quelque 140 millions de francs sont nécessaires pour les 20 à 30 prochaines années.Ce montant est compréhensible si l’on considère qu’il permet de prendre soin du patrimoine encore existant et d’améliorer la résistance des écosystèmes au profit des générations futures. Par ailleurs, ces investissements contribuent à  une activité économique locale.

Grâce à des financements de l’Office fédéral de l’environnement notamment, les Parcs naturels Doubs et Chasseral pourront développer une partie des mesures en faveur de milieux naturels en 2018-2019, et cela sur la base du projet-pilote IE.

 

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